Début juin j’ai eu le plaisir de participer pour la première fois à la conférence AlpesCraft à la fois en tant que participante et speaker. C’est une petite conférence qui se passe à Grenoble, avec un format un peu moins habituel comparé aux conférences auxquelles j’assiste habituellement :
- la première journée, des talks “classiques” sont présentés, en parallèle de slot “office hour” durant lesquels un·e intervenant·e est présent·e pour répondre aux questions des participant·es
- la deuxième journée consiste en une unconférence : tout le monde peut proposer un sujet qu’il ou elle aimerait présenter ou un besoin “d’aide” sur un gros post-it, qui sont ensuite placés sur un grand mur pour répartir les horaires et lieux
J’ai fait 2 sketchnotes lors d’événement, sur 3 conférences auxquelles j’ai assisté le jeudi. J’y ai présenté un sujet créé spécialement pour l’événement : “Les quêtes secondaires ça n’est pas que dans les jeux vidéo !”, et ai proposé 2 sessions lors de l’unconférence le vendredi : une démo de Typst, l’outil avec lequel je crée mes slides, et une initiation à l’art des sketchnotes.
Le programme et les photos de cette édition 2026 sont disponibles sur le site de la conférence, ainsi que les replays sur la chaîne Youtube.
Jeudi 4 juin#
Keynote#
Emmanuel GAILLOT
Emmanuel n’est pas qu’un artisan du logiciel. Il est l’un des fondateurs de la conférence annuelle Agile Open France et du Dojo de développement de Paris, ainsi que co-organisateur de la première conférence en France sur l’agilité.
Dans sa keynote, grâce à son intérêt pour le bien (ou au moins mieux)-être et la psychologie, il nous propose de prendre du recul sur notre rapport au développement logiciel et la relation que l’on entretien avec le code que nous produisons. En voyant le code comme un personne et en voyant notre relation avec lui en conséquence, il nous invite à changer de perspective pour tenter de réduire les frictions et frustrations, et mieux “collaborer” avec nos productions.
Même si je pense que l’on ne saurai réellement interagir avec notre code comme avec un humain (quoi que la frontière s’amenuise à mesure que l’on passe de plus en plus de temps à parler à son LLM qu’à être au contact direct du code), je trouve néanmoins l’exercice intéressant, et qu’il mérite qu’on prenne le temps d’y réfléchir. Face à notre clavier, nous pouvons facilement adopter une posture assertive ou dogmatique vis-à-vis de notre production, sans prendre suffisamment de recul pour voir les autres solutions qui s’offrent à nous, ou accepter de suivre de nouvelles pistes.
J’ai trouvé là un parallèle intéressant avec notamment l’éducation des enfants : nous entrons dans le monde de la parentalité avec tout un tas de principes, désirs et objectifs à la fois concernant notre façon de faire mais aussi le devenir de nos enfants, or la réalité est bien différente et nécessite remises en questions, écoute, observation et régulièrement de “suivre le courant” plutôt que de s’épuiser à remonter une cascade à mains nues.
La keynote n’a pas fait l’unanimité et je comprends pourquoi, d’ailleurs Emmanuel a bien conscience que son discours n’aura pas de sens pour une partie du public, et c’est ok.
Et je pense qu’on devrait se dire plus souvent c’est ok.


Faire moins mais mieux#
Format conférence 45 minutes
Suite à la keynote, j’ai assisté à la présentation de Chloé au sujet de notre “productivité”, et notamment du coût des interruptions de concentration.
Nos pires ennemis ? Le téléphone portable et ses notifications (on peut dire la même chose de notre messagerie instantanée), et le multi-tâches qui nous épuise et nous ralentit plutôt que de nous permettre de “faire plus”.
Chloé nous partage également quelques bonne pratiques pour mieux découper nos tâches et nos journées, et prioriser notre travail.
Je n’ai pas appris/découvert de choses autant que je l’espérais, notamment parce que la neauro-atypie et principalement la connaissance du TDAH fait que je suis déjà bien sensibilisée aux problèmes de distraction et de charge cognitive et des astuces/bonnes pratiques à notre disposition, mais j’ai tout de même appris 2-3 choses comme l’arbre de décision de David Allen ou ce qui fait un bon objectif.




7 minutes x 7 langages#
Format conférence 45 minutes
Arnaud est venu nous partage un retour d’expérience autour de quelques langages qu’il a utilisés pour recréer un moteur IA (la partie “réseau de neurones”), à l’aide d’un LLM pour certains.
Javascript, Haskell, Agda et d’autres, chacun l’a amené à mieux comprendre les fondamentaux de ce qui devait être développé, en même temps que la philosophie des langages avec lesquels il travaillait.
Il nous a également donné quelques chiffres de comparaison comme le nombre de lignes de code nécessaire, ou les performances à l’exécution.
N’ayant pas pris de note, je n’ai pas en mémoire les outcomes de son expérimentation au sujet des langages eux-mêmes, principalement parce que je ne les croise pas dans mon quotidien.
Néanmoins la démarche était intéressante, et ce retour d’expérience apprécié.
Le replay est disponible sur la chaîne Youtube de la conférence.
Les quêtes secondaires, ça n’est pas que dans les jeux vidéos !#
Format conférence 45 minutes
En toute fin de journée j’ai présenté le talk que j’ai construit spécifiquement pour AlpesCraft : Les quêtes secondaires, ça n’est pas que dans les jeux vidéos !. Le talk s’est très bien passé, j’ai eu de bons retours et j’ai hâte de pouvoir le donner à nouveau dans d’autres conférences 😊
Vendredi 5 juin#
Le vendredi, c’était donc l’unconférence avec tout d’abord le marché aux poissons, où tout le monde peut proposer un sujet dont iel aimerait parler, que ce soit pour présenter un REX, recueillir des avis, débattre, tout est possible.
Tout le monde fait la queue, et pose sa proposition sur un grand tableau histoire que l’on sache où et quand se passent les choses.
De mon côté j’ai pu proposer 2 sessions : une première le matin pour présenter l’outil Typst dont je me sers pour créer mes slides de présentation, ainsi qu’un petit atelier d’introduction aux sketchnotes l’après-midi.
Le défi pour cet atelier sketchnotes ? Trouver des petits cahiers ou feuilles, et des crayons, pour les personnes qui n’auraient pas de quoi noter. Heureusement l’équipe d’organisation en avait sous la main (merci les orgas !).
Ca a été pour moi l’occasion de me rendre compte que j’arrivais désormais à organiser des choses “à la dernière minute”, en connaissance de cause, me disant “ok, j’aimerais faire ça, de quoi ai-je besoin et comment puis l’obtenir”, là où par le passé je n’aurais probablement pas proposé cet atelier, ne l’ayant pas prévu à l’avance (et c’est assez plaisant !).
Donner cet atelier m’a aussi rappelé les sketchnotes que j’avais faites grâce à Manuella Chainot-Bataille qui avait proposé un atelier sketchnotes de vacances pendant 3 semaines sur X que je vous recommande. Je compte d’ailleurs rédiger un article pour partager mon expérience et quelques astuces à propos des sketchnotes.
A part les sujets que j’ai proposés, j’ai également parlé documentation utilisateurices, conflits et confiance en entreprise et autres sujet que j’ai oubliés depuis 😅
Bilan#
J’ai beaucoup aimé cette conférence, notamment la deuxième journée remplie d’échanges, dans le respect et l’écoute.
Je reviendrai sûrement une prochaine fois !


